Saint-Tropez ... For Ever

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Polémique à Saint-Tropez après la demande d'un hôtel de chasser le pigeon

Un des fauconniers éclaire la cible tandis que le second s'apprête à lancer sa buse.

Embauchés par le futur Hôtel de Paris, ces professionnels doivent écarter les pigeons aux abords de l’établissement avec l’aide d’une buse américaine. Une démarche qui interpelle. Explications

C'était encore du jamais vu dans la cité tropézienne. Depuis le milieu de la semaine dernière, des fauconniers suscitent la curiosité de nombreux Tropéziens. Ils ne sont pas là pour créer l'attraction et faire des démonstrations. Loin de là. Mais bel et bien pour travailler. Les deux hommes sont arrivés tout spécialement de la Drôme pour effaroucher des pigeons. Une mission demandée par l'Hôtel de Paris.

Une buse de Harris en action

À leur crochet : un rapace. Une buse de Harris(1). Le bec crochu, les yeux perçants, cette buse américaine est envoyée dans les airs dès qu'un pigeon a le malheur de faire son apparition. Si l'opération est destinée à effrayer le volatile, il arrive que le rapace le fasse passer de vie à trépas. Là, le fauconnier ramasse la petite dépouille et la glisse dans un sac. « En règle générale, le rapace effraie simplement le pigeon. Dans seulement un pour cent des cas, il en tue un. Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'un prédateur naturel », confie le fauconnier responsable de l'opération, Christophe Puzin.

Les fauconniers opèrent dès que la nuit est tombée. Ils ont été engagés pour une durée d'une année, sur des cycles d'une semaine de travail tous les trois mois.

Un travail méticuleux

À leurs côtés, un employé des services techniques de la ville les suit comme une ombre. Sa mission : éteindre les lampadaires lorsqu'ils lancent le rapace dans les airs en direction du rayon lumineux issu de la lampe torche tenue par le second fauconnier. Un halo posé sur un pigeon.

Alors que les travaux de l'Hôtel de Paris ne sont pas encore terminés, les responsables de la structure ont préféré prendre les devants en lançant cette chasse ouverte aux pigeons. Comme le bâtiment était désaffecté depuis de nombreuses années, de nombreux volatiles avaient en effet niché à cet endroit. Et ne cessent, du coup, d'y revenir. Par habitude. Car cet emplacement, en l'occurrence un futur cinq étoiles, est inscrit dans leur ADN. Pour que plus aucun pigeon ne vienne perturber la bonne marche d'un hôtel qui devrait ouvrir en février 2013, ces fauconniers ont donc été sollicités.

L'inévitable polémique

Mais la polémique était inévitable. Le procédé est sous le feu des critiques des défenseurs de l'environnement, et notamment de la Ligue de protection des oiseaux. Car les fauconniers sont contraints d'opérer sur le domaine public. Aux abords du futur établissement, plus précisément sur l'avenue du général Leclerc, entre la boutique Chanel et le tabac de la Croix-de-Fer.

La tension est montée d'un cran, mercredi soir, lorsque les deux hommes se sont rendus sur la place des Lices pour faire une démonstration de leur technique à la demande d'un restaurateur. Cela sous les yeux de badauds ébahis, à la vue d'un pigeon s'écrasant sèchement sur le sol.

Ce procédé de l'effarouchement semble faire de plus en plus d'adeptes, puisque la municipalité de Grimaud aurait décidé de faire appel à leurs services prochainement pour résoudre à son tour des problèmes causés par les pigeons.

 

1 - Ce rapace est utilisé en lieu car il a la particularité de pouvoir chasser en duo sans chercher à tuer son congénère. Ce qui n'est pas le cas du faucon.

Source  : Cliquez ici



14/11/2012
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