Saint-Tropez ... For Ever

Saint-Tropez ... For Ever

Et Dieu créa... La Ponche...

  La Ponche à Saint-Tropez

À l’abri des remparts de Saint-Tropez se cache un hôtel de légende aussi discret que charmant. Son livre d’or donne le tournis.

Les souvenirs twistent à Saint-Tropez. Si vous en avez aimé la légende, si vous l’aimez encore, rejoignez l’hôtel de La Ponche. Laissez vos clés au voiturier. Votre Bentley ne dormira pas seule. Demandez la chambre 19. C’est l’une de celles dans laquelle Françoise Sagan a séjourné. Le merveilleux « Petit diable » garait sa Jaguar derrière les cuisines de l’hôtel. « Je me suis levée de mon lit, écrivait-elle, j’ai ouvert les volets et la mer et le ciel m’ont jeté au visage le même bleu, le même rose, le même bonheur. » Il ne devait pas être très tôt. La vue n’a pas changé. Vivez dans l’illusion ; c’est votre dernier collier de perles. À l’abri derrière les remparts, à l’angle d’une ruelle et d’une place paisible, où frémit un acacia, le plus petit et le plus secret des 4-étoiles du village ignore la fureur qui a dévoré le port et la place des Lices. Le temps y est suspendu comme du linge à la fenêtre. Ne quittez pas votre chambre. Admirez la lumière des tableaux. Tous sont signés de Jacques Cordier. Ce peintre sensible, au visage d’ange, est mort dans un accident de voiture au milieu des années 1970. Il avait épousé la fille de la maison, Simone, qui entretient avec amour sa mémoire et préside aujourd’hui aux destinées de l’hôtel. Quelqu’un frappe à la porte. Fermez les yeux : c’est Brigitte Bardot. Elle est avec Gunther Sachs. On est en 1965 : « Ma petite Brigitte… et M. Gunther, mais quelle surprise ! », s’exclama la mère de Simone, Margot, en apercevant le couple illégitime, alors.

 

La dolce vita des années 1950

Une trentaine d’années auparavant, cette dernière a ouvert, juste à côté de la plage de La Ponche, un minuscule bar à pêcheurs. Au fil du temps, ce rendez-vous incontournable de la jet-set de Saint-Germain-des-Prés s’est agrandi. Margot a créé un restaurant, puis un petit hôtel dont le livre d’or rivalise avec celui du Ritz. « Les clients furent souvent plus fidèles à leur numéro de chambre qu’à leur amour », s’amuse Simone Duckstein. Les souvenirs passent comme des vagues dans ses yeux limpides (1). Parfois, l’émotion la gagne. Boris Vian se faufile derrière le zinc, Picasso a un regard terrible, Annabel rencontre Bernard Buffet. On entend des rires en terrasse. Jacques Chazot est irrésistible, Juliette Gréco à la mode ; c’est la dolce vita des années 1950. Sagan amène Bernard Frank, Florence Malraux : sa bande de joyeux fêtards. L’hôtel s’étend, gagne des chambres.

Le bonheur donne sur la Méditerranée

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Pompidou ? Numéro 10. Le Premier ministre aurait voulu acheter un pied-à-terre à Saint-Tropez ; le général de Gaulle s’y opposa. Sa fenêtre ouvre sur la citadelle. Ce fut aussi la chambre de Michèle Morgan et Gérard Oury. Maurice Ronet s’installe à la 14 ; il sort de La Piscine. Jacques Laurent, rejoint par Jean Aurel, écrit le scénario de Caroline Chérie. Il a épousé Michèle Perrein. Le temps passe. Simone rencontre Jacques Cordier ; c’est le coup de foudre. Avant le coup de tonnerre : « Ce pays, dit-elle, a le don de rendre les gens heureux. »

Le bonheur donne sur la Méditerranée. Margot fait de sérieux travaux dans l’hôtel, perce les murs, construit un ascenseur. Il faut se mettre aux normes. C’est l’époque qui veut ça. Les couloirs s’enchevêtrent, il y a des demi-étages, les numéros des chambres valsent. On ne sait plus très bien qui a dormi où ; ce n’est pas nouveau. Louis de Funès occupe la chambre 16 ; Roland Petit la 2. En terrasse, c’est Dave qui reprend Le Déserteur de Boris Vian. Après Le Vieux Fusil, Romy Schneider se réfugie dans la chambre 22. Les gens de la mode défilent à leur tour : Kenzo, Inès de la Fressange. Jack Nicholson est venu, Willy Rizzo reviendra. La buanderie est devenue la chambre 8 : Simone Duckstein connaît tout ça par cœur. Elle salue les habitués d’un sourire timide ; sa présence les rassure. Lorsque Catherine Deneuve séjourne à La Ponche pour le tournage de Princesse Marie,chaque soir sur son oreiller, elle découvre une rose du jardin de la propriétaire : « Vous m’avez réconciliée avec Saint-Tropez », lui dit-elle. Nous aussi. 

(1) À lire : Hôtel de La Ponche, de Simone Duckstein, préface de Jim Fergus (Éd. Le Cherche Midi).

Le guide

Plein la vue
Dix-huit chambres. Certaines se décomposent en suite ou en appartement. Toutes ne bénéficient pas de la même vue. Quelques-unes donnent sur la mer, d’autres sur la citadelle, les rues du village, les dernières sur un patio intérieur. Les prix varient en fonction de la situation. Notre coup de cœur : la n° 1 (Brigitte Bardot), pour sa terrasse ensoleillée, véritable balcon sur la Méditerranée, qui vous plonge d’emblée au cœur du rêve. Y prendre son petit déjeuner ou un bain de soleil tient de la magie. Côté « clocher », la Chambre bleue, qui fut celle de Romy Schneider, a un charme romantique.

Fourchettes et parasols
L’hôtel possède un restaurant gastronomique. Deux options : s’installer à l’extérieur, en terrasse, sur la petite place « ouverte sur la mer, comme un coquillage » et se laisser bercer par la douceur des lieux ; ou dans la cosy salle à manger dont la baie vitrée s’ouvre sur les flots bleus comme sur un tableau. Atmosphère paisible. Une légère brise vient à vous comme une caresse. Cuisine naturelle et authentique du chef Christian Geay. Sole, loup grillé, soupe de poissons, filets de rougets du pays : le poisson, fraîchement pêché, est à l’honneur. Ne pas dédaigner les desserts : pruneaux infusés au thé Earl Grey et sa glace vanille, moelleux aux abricots… Pour vous tenir compagnie, un rosé bien frais : Château Sainte-Roseline, Cuvée de la Chapelle ou Domaine d’Ott.

Côté plage
Lovée derrière les murs de la tour des Gardes, en contrebas de l’hôtel, la minuscule et très secrète
plage de La Ponche est un trésor caché que la plupart des touristes ignorent. Brigitte Bardot la foula de ses pieds nus lors du tournage de Et Dieu créa la femme… Quitter l’hôtel en peignoir, nager au petit matin, dans un silence et un calme absolu, troublé par le son d’une cloche, est un plaisir délicieux ; on peut aussi y déguster une coupe de champagne en admirant le coucher du soleil, derrière la ligne bleue des Maures.

4582La Ponche, un refuge à l’abri de la vie nocturne de Saint-Tropez

Aux petits soins
Votre voiture bénéficie d’un garage aussi privé qu’une plage. À Saint-Tropez, ça vaut de l’or.

La bonne idée
Prendre l’apéritif au bar, juché sur l’un des tabourets d’origine, en jouant au gin rummy comme Françoise Sagan ou Juliette Gréco. Ou se lancer dans une partie d’échecs, à l’image de Jacques Laurent et Jacques Cordier.  Commander le cocktail maison, La Ponche : Aperol, champagne, jus d’orange.

Regret
L’enchevêtrement des terrasses des restaurants voisins qui nuit à la quiétude de l’endroit.

À quel prix ?
À partir de 320 euros la chambre donnant sur patio ; 750 euros la suite avec terrasse, vue mer ; 840 euros l’appartement, en haute saison. Petit déjeuner : 20 euros. Garage privé : 25 euros.

Hôtel de La Ponche, 3, rue des Remparts, 83990 Saint-Tropez.
Tél. : 04 94 97 02 53. Tél. restaurant : 04 94 97 09 29. www.laponche.com



Source : Cliquez ici



12/07/2012
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